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Ouasissisgoude...

Ouasissisgoude...
Entre deux covers, et vous pouvez constater que le temps passe, je prends le temps d'écrire l'un ou l'autre article sérieux. Période d'examens oblige, j'ai rédigé un travail en sociologie sur base d'un article trouvé dans la presse. L'article en question en posait une qui m'intéresse (et vous aussi, j'espère) au plus haut point : le téléchargement tue-t-il la musique?
Internet propose depuis plusieurs années une alternative au disque : le téléchargement. Depuis quelques années, avec l'avènement des logiciels de téléchargement illégal type Shareaza, Kazaa ou LimeWire, l'information soumise au droits d'auteur (films, séries, musique, ...) est disponible gratuitement et partout sur la planète. La législation est lacunaire à ce niveau puisque ces logiciels ne sont pas proscrits, mais bien leur usage à des fins pirates, c'est à dire le téléchargement de cette information. L'artiste qui tente de vendre son produit sur support CD / vinyle se fait ainsi couper l'herbe sous le pied puisque son ½uvre est disponible sur le net. Et gratuitement! Ce que les labels et lobbys musicaux essaient de nous faire croire, c'est que ce musicien ne sait donc plus gagner sa vie.
C'est partiellement vrai car l'artiste de 2009 a en effet rusé. Contre le téléchargement illicite, il existe le téléchargement légal. Où l'artiste bénéficie directement de l'argent puisqu'ils signifient la fin des intermédiaires, des supports couteux, des commissions aux magasins, etc ... Il vend également ses places de concert à des prix plus élevés, ce qui lui permet de vivre décemment et mieux encore. Le problème, c'est que les profits faramineux des maisons de disques fondent comme neige au soleil. Leurs commissions diminuent et le complot qu'ils prétendent dirigés contre les artistes n'est finalement néfaste que pour eux, qui ne pourront plus vendre de CD avec une bonne chanson et 11 de remplissage, puisque la bonne chanson sera disponible à l'unité sur le net, avec la garantie que l'artiste touchera une commission plus élevée que s'il l'avait vendue sur support. Les groupes anglais comme Radiohead et Franz Ferdinand proposent eux-mêmes des morceaux gratuits en téléchargement, ce qui permet aux sceptiques de se faire une idée, et gratuitement. Leader du groupe écossais, Alex Kapranos déclarait en avoir marre de devoir acheter un CD avec un hit et 11 morceaux de mauvais bourrage de disque. Quand on sait que ça coute environ 15¤, peut-on réellement lui donner tort? Néanmoins, même si la dernière solution est une excellente idée qui devrait à terme améliorer la qualité de la musique, tout le monde doit vivre, et à l'heure actuelle, le téléchargement sans consentement de l'artiste est toujours du vol.
Un deuxième argument des esprits chagrins démolissant le download, est que ce mode d'obtention de données audio ou vidéo tue les petits disquaires. Si on me répète ça encore une fois je vais prendre une grande inspiration, tendre mon doigt vers mon interlocuteur et prendre le rire le plus idiot dont je sois capable tout en contant ma mésaventure. En octobre 2005, Franz Ferdinand va sortir son deuxième album. Le premier, en lien avec mon précédent paragraphe, était constitué de 11 morceaux irréprochables, c'est dire mon impatience. Foot oblige, il n'est pas prévu que j'aille à la grande ville de sitôt, et vouant à Franz Ferdinand un culte semblable à ce qu'Isa ressent une veille d'un concert des Von Durden, je décide de m'arrêter un vendredi pour acheter « You could have it so much better », l'album sorti la veille, me gaussant là de ma bonne action et me disant que j'ai contribué à aider Paul à s'acheter des nouvelles baguettes. Je me rends chez le seul disquaire de Malmedy encore ouvert depuis la fermeture (faillite?) du Music 2000. Je passe à la caisse et ... ça fait mal, 24¤ pour un simple CD de 13 morceaux. Pas de bol sur toute la ligne, le soir, je me claque à l'entrainement.
Samedi, pas match donc et je décide d'aller me chercher des fringues à Liège vu qu'à la prochaine lessive, mon jeans sera définitivement redevenu poussière. Par curiosité, je m'arrête à la FNAC et je vois l'objet de mes convoitises à 11¤90. Râlerie, grincement de dents et puis, finalement, idée lumineuse. J'achète le CD à la FNAC, enlève l'étiquette mais ne le déballe pas. Je me rends chez mon escroc de disquaire afin de me faire rembourser mes 24¤. J'avais pris soin à Liège d'acheter une boite déjà abimée pour pouvoir en prétexter le vice à Malmedy. Le disquaire, voyant une boite non ouverte, un ticket de caisse daté de la veille ainsi que le vice qui justifie son retour n'a d'autre choix que de me rembourser. Ma différence est récupérée, elle a payé mes trajets en train, mon sandwich et ma boisson. Ma man½uvre était malhonnête? Se faire 12 ¤ de plus que les grosses firmes par CD sur le dos des jeunes parce qu'on est la seule boite à vendre des disques à 50 bornes à la ronde, c'est de l'honnêteté intellectuelle, peut-être? Non, Messieurs-dames! Le téléchargement n'a pas tué les petits disquaires. Ils se sont suicidés.
Autre nouveauté du web, Grégoire chante « toi+moi » et tous ceux qui sont seuls à la recherche d'une maison de disque en cette période de Saint-Valentin peuvent aller faire un tour sur un site nommé MyMajorCompany qui propose aux internautes de sponsoriser la carrière d'un artiste qui cherche un budget afin de pouvoir être édité et tenter ainsi de concrétiser son rêve. Il faut savoir que par euro investi, le mécène peut récupérer sa mise voire plus si l'album dépasse les espérances, comme c'est le cas avec notre ami Grégoire. Sonnerait-ce le glas pour les maisons de disques traditionnelles?
L'accès à des informations est un progrès, car tout le monde peut partager sa passion pour la musique avec tout le monde. Des jeunes de 16-18 ans entendent parler d'un morceau et peuvent en deux clics l'avoir chez eux et l'écouter. De quoi inspirer les aspirants musiciens, non? La musique est une histoire d'inspiration, à ne pas confondre avec le plagiat, dont je compte bientôt parler dans mes articles, et afin d'avoir une richesse à tous les niveaux, autant avoir le plus possible de sources à écouter afin d'obtenir le meilleur morceau qui soit. Le téléchargement illégal est nocif à l'industrie du disque, aux grosses firmes, aux petits disquaires, et globalement aux artistes, alors que le téléchargement légal, lui n'emmerde toujours que les trois premiers.

Errol

# Posté le mardi 17 février 2009 05:27

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